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Albert Bénichou est né en 1918, en Algérie, où il passe sa jeunesse.
Après avoir passé son bac, il vient en métropole, à Lyon, suivre ses études de médecine. En 1939, il remplit ses obligations militaires en tant qu'EOR dans le Service Santé à Clermont Ferrand quand la seconde guerre mondiale éclate. Son unité est évacuée sur l'Algérie.
Les lois françaises de l'époque interdisaient les études aux juifs. Avec un cousin il ouvre, à Alger, des cours permettant à ces jeunes de poursuivre leurs études. Ce fut, sans doute, pour lui l'occasion de prendre conscience de ses qualités pédagogiques. C'est à cette période qu'il aura l'occasion de voir à l'uvre des Marabouts et des masseurs "manipulateurs" dans les Hammams.
L'Algérie est rapidement libérée par les Américains, il s'engage alors au 1er Bataillon de Choc, bataillon d'élite des troupes françaises d'Afrique du Nord, commandées par le futur maréchal Delattre de Tassigny.
Sa carrure athlétique, et sa forte personnalité en feront rapidement une des figures de ce remarquable régiment, il en est notamment l'instructeur de close combat. C'est à cette période qu'on le surnomme BOB ; c'est ainsi que ses amis, ses enfants et ses élèves l'appelleront toujours.
Sa carrière militaire où il se couvre de gloire le verra tour à tour :
- sur le sous-marin Casabianca qui conduit son régiment au débarquement de Corse. Il est le premier à pénétrer à Bastia et, de ce fait, le premier soldat français à libérer le premier département de France.
- à l'île d'Elbe dont la libération a inspiré le fameux film "les canons de Navaronne"
- au débarquement de Provence
- en Alsace où il subira plusieurs blessures, il encadrera de jeunes français qui s'engagent au fur et mesure de la progression en France, c'est ainsi qu'il aura un stagiaire du nom de Valéry Giscard d'Estaing.
- en Allemagne et en Autriche.
La guerre terminée, couvert de décorations françaises et américaines, il est responsable avec le futur secrétaire d'Etat aux Sports, le colonel Crespin, du centre d'entraînement au parachutisme d'Aire sur Adour. Il commande ensuite le Fort Carré d'Antibes dans l'attente d'un départ pour l'Indochine, où il n'ira pas, car il obtient sa libération afin de poursuivre ses études, ce qui lui a, sans doute, évité de connaître l'enfer de Dien-Ben-Fu où plusieurs de ses camarades ont péris.
Il quitte l'Armée en 1946, mais pas de manière définitive, car il a toujours des activités en tant que réserviste. C'est ainsi qu'il aura l'occasion de conduire plusieurs missions, notamment pendant la guerre d'Algérie, pour les Services de Renseignements. Il a terminé avec le grade de colonel et, entre autres, la médaille militaire, la croix de guerre avec citations et la cravate de commandeur de la légion d'honneur.
Alors qu'il voulait s'inscrire à l'école dentaire, c'est par hasard (!) qu'il passe rue Cujas à Paris devant l'Ecole Française d'Orthopédie et de Massage où il rencontre Madame Knapp, alors directrice et le docteur Boris Dolto. Il décide instantanément de suivre les cours pour devenir Kinésithérapeute, profession qui venait de voir le jour.
Au cours de ses études, il sympathise et travaille beaucoup avec B. Dolto qui l'influence énormément sur le plan pratique. Il effectue de nombreux stages dans le service du professeur Lièvre (rhumatologue de renom) et contribue à lui faire comprendre l'intérêt de la kinésithérapie, alors peu connue.
Son diplôme en poche, il s'installe avenue de Wagram à Paris où rapidement, grâce à ses "mains d'or", son grand cur et l'amour de sa profession, il acquiert une grande renommée.
Il adhère aux associations professionnelles qui se forment en homéopathie, médecine chinoise, auriculothérapie mais surtout Ostéopathie et voyage à l'étranger pour toujours essayer de progresser, ce furent, l'Allemagne, la Belgique et, bien sûr, l'Angleterre où il fait la connaissance du docteur Denis Brookes (Ostéopathe diplômé de la BSO, mais ayant suivi des formations aux U.S.A avec le docteur Magoun).
Il a eu de Marie Thérèse Vigouroux, sa femme, trois enfants :
- l'aîné André qui a suivi sa voie et continue l'enseignement de la Thérapie Manuelle en compagnie de Nicette Sergueef et de Patrick Fried.
- une fille, Paule, qui est dentiste
- un second fils Marc, médecin-chef du service de rééducation de Salies de Béarn, ancien international de volley-ball.
Bob est mort le 2 mai 1994, il aura eu deux carrières dans sa vie :
Une militaire où il s'est comporté en héros, pour citer les mots de son ami et compagnon d'arme, le général Glavany, à l'occasion de son oraison funèbre.
Une seconde professionnelle, pendant laquelle il a toujours eu à l'esprit l'amélioration de l'image de marque du kinésithérapeute, comme l'a souligné son ami Jean Boudot, ancien président de la FFMKR. Il a grandement contribué à l'essor de l'Ostéopathie et de la Thérapie Manuelle en France en formant de nombreux élèves et professeurs.
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