Actualités "Reconnaissance de l'ostéopathie"

Article de Kiné Actualité du 11 décembre 2003 de Eric Pastor

OSTEOPATHIE, MEDECINE ALTERNATIVE OU « PATAMEDECINE » 

La 4 ème réunion de travail sur l'ostéopathie et la chiropraxie s'est déroulée le 25 novembre et il est temps d'informer la profession sur un sujet brûlant, avant la rencontre qui aura lieu le jeudi 8 janvier 2004 et, qui portera sur le mode d'exercice (salarié ou libéral) et la prestation des actes.

Pourquoi vous informer si tardivement ? dans un souci d'efficacité, le ministère nous avait demandé de ne pas diffuser d'informations hors du groupe afin de ne pas envenimer les discussions, ô combien déjà complexes. Ce fut chose faite, pour ma part tout au moins, mais à l'issue de cette dernière réunion, j'ai décidé de rompre le silence, dans le but d'ouvrir un débat confisqué par ce que j'appelle une très belle manipulation, du grand art !

Nous aurions dû nous en douter, six réunions de 2 heures programmées de septembre à décembre sur un sujet aussi lourd de conséquences ne laissait pas augurer une large prospective. A tel point que, certains esprits chagrins se sont autorisés à penser que les orientations étaient déjà tracées, mais ne faisons pas de procès d'intentions.


Rappelons que, suite à l'approbation de l'article 75 de la loi du 4 mars 2002 sur la reconnaissance du titre et de l'exercice professionnel d'ostéopathe et de chiropraticien, un groupe de travail a été mis en place par le ministère de la Santé, dans lequel la profession est représenté par la FFMKR et le SNMKR. L'instruction effectuée par le groupe débouchera sur une rédaction de la part des services de l'Etat et sera ensuite soumise au conseil constitutionnel qui examinera sa conformité aux textes de loi, pour aboutir aux décrets d'application. Depuis pratiquement deux ans, la Fédération travaille sur ce sujet et elle a, dès le début, annoncé qu'elle revendiquait la filiation entre masso-kinésithérapie et ostéopathie et que , de fait, il était inconcevable de créer, ex nihilo, une formation post-baccalauréat à l'ostéopathie, pour former ce que l'on appelle les «  non-non  » (non-kinésithérapeutes non-médecins), position sur laquelle le SNMKR est totalement en accord. Face à nous, des représentants amnésiques sur leur formation initiale de masseur-kinésithérapeute, défendant les «  non-non  », bacheliers pour la

plupart et issus de centre de formation à temps plein, formation dont je ne remet pas en question la qualité. Cependant, actuellement, j'ouvre une paren-thèse : certains de ces centres diffusent des publicités destinées à nos futurs bacheliers vantant les mérites . d' une formation d' « en-   -seignement supérieur  » en « faculté libre  » diffusant un «  diplôme de 3 e cycle  »  sur «  5 pôles universitaires  » où parmi les 5000 heures délivrées sur 6 années on trouve 800 heures de stages cliniques et «  hospitaliers  » (à quel titre ont-ils pu passer convention avec les hôpitaux ?).
Face à cette débauche d'arguments fallacieux, quelle garantie éthique peut mettre en avant ces centres qui vont postuler à l'accréditation ?
Fermons la parenthèse.
Lors de cette 4 ème réunion, le professeur Guy Nicolas qui attendait désespérément que le professeur que le professeur Thibault, conseiller technique du ministère, vienne apporter la nouvelle, nous a annoncé que la formation temps plein pour les bacheliers serait mise en place et que le modèle retenu serait de 6 ans découpé en trois cycles, de 2 ans pour les sciences fondamentales, de 3 ans pour les « sciences cliniques » et d'un an destiné à la rédaction du mémoire ? ce qui apparemment ne correspond pas au découpage du modèle européen type LMD (Licence Master Doctorat) .
Les réunions précédentes avaient annoncé que le législateur souhaitait que ce ne soit pas une profession mais un titre et un exercice, qu'ils ne seraient ni médicaux ni paramédicaux (ni livre I ni livre III du code de la Santé), mais qu'il donneraient droit à l'accès direct par le patient. A cela, rajoutons que ce

sera vraisemblablement un diplôme d'Etat et que les kinésithérapeutes auront le droit au double exercice et à la « double casquette », vous avez là un mouton à 5 pattes recouvert d'écailles.
Alors, pourquoi un tel embrouillamini 

Plusieurs analyses viennent à l'esprit. Soit le cabinet du ministre, ayant pris le dossier mis en place par l'ancien gouvernement, essaye de s'en débarrasser en le rendant si complexe que les décrets ne sortirons pas, afin de ne pas réveiller le lobby des médecins, corporation qui va vraisemblablement donner son avis sur une médecine alternative émergeant hors du circuit médical. Soit le fait d'avoir laisser former des «  temps plein s » post-baccalauréat depuis quelques années et, en l'absence de toute réglementation met le Gouvernement dans l'embarras pour gérer ce que l'on appelle le «  stock  ». Cela l'obligeant à entériner une situation existante en minimisant les impacts et en essayant de satisfaire tous les représentants dans une voie médiane où des dispositifs de formation seraient propres à chacune des filières existantes (médecins, masseurs-kinésithérapeutes, qu'ils soient amnésiques ou non, vont être les dindons de la farce, avec une formation qui, progressivement, va se retrouver sous le couvert de la médecine, lui permettant ainsi de récupérer un champ qui, à terme, fragiliserait l'institution médicale s'il en restait à l'extérieur. Cette situation existe aux USA où les ostéopathes sont devenus médecins. Je n'ai pas osé aborder la question de la prise en

charge par l'assurance maladie qui complète certaines de ces analyses car, bien que l'ANAES ait estimé qu'en l'absence de publications scientifiquement validées, elle ne pouvait prendre position, la loi confère à ces prises en charge une légitimité en termes de services rendus. Y aurait-il une santé parallèle et alternative non prise en charge par notre système d'assurance maladie et pratiquée au sortir d'un cursus privé de 6 ans à 7500 euros l'année ? Ce n'est pas ma vision de la santé en France.
Fracture sociale, France d'en haut, France d'en bas, les concepts si bons soient-ils, ne valent que si les hommes qui les appliquent gardent à l'esprit le bien collectif au détriment de l'intérêt individuel.
Il y a 30 ans, le gouvernement d'alors créait les psycho-motriciens. Nous sommes 50 000, nous allons vers la constitution d'un savoir propre, de l'autonomie, ne laissons pas s'installer cette division artificielle entre kinésithérapeute-ostéopathe et ostéopathe.
Vous avez encore le choix, votre avis nous intéresse.

                          Eric Pastor
Définition de l'ostéopathie ?

Le 30 septembre dernier lors, de la 1 ère réunion du groupe de travail sur l'ostéopathie et la chiropraxie au ministère de la Santé les participants ont élaboré une définition de l'ostéopathie et la chiropraxie. Nous vous la livrons :
l'ostéopathie et la chiropraxie constituent un ensemble de pratiques manuelles ayant pour but d'identifier les dysfonctionnement de mobilité du corps humain et d'y remédier par des Thérapeutiques appropriée
s.

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Kiné Actualité n°911 du 9 octobre 2003
auteur :
Eric Pastor
 
CALENDRIER ET ORDRE DU JOUR DES REUNIONS DU GROUPE DE TRAVAIL SUR L'OSTEOPATHIE ET LA CHIROPRAXIE