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Interview d'Albert Bénichou.
LA THÉRAPIE MANUELLE APANAGE DU KINÉSITHÉRAPEUTE
Kiné-Actualité avait publié. en 1982, un dossier sur l'ostéopthie, où vous vous êtes exprimé. Qu'en est-il trois ans après ?
Sachez, d'abord, que je suis contre le terme d'ostéopathie et défends celui de thérapie manuelle. En effet, on le sait, nombreux sont ceux qui se disent ostéopathes et tentent d'en avoir le monopole. Voilà des illégaux, actuellement, qui se mêlent d'attaquer les légaux ! Car, pour ma part, j'affirme que la thérapie manuelle doit rester l'apanage des kinésithérapeutes.
Deux réunions ont eu lieu au ministère des Affaires sociales pour étudier la suite du rapport Niboyet sur les médecines alternatives, dont une à laquelle vous avez assisté. Quel est votre avis à ce sujet ?
Pour moi, la démarche relève d'une certaine hypocrisie de la part des responsables du ministère : ces réunions entretiennent les illusions des ostéopathes ou chiropractors quant à leur éventuelle reconnaissance officielle.
Hypocrisie ?
Parce que je reste persuadé que ces professions ne seront jamais reconnues comme telles et parce que je pense que la thérapie manuelle est, en fait, une branche d'évolution de la kinésithérapie moderne.
Pour parler de l'évolution de la kinésithérapie, que pensez-vous du décret du 26 août 1985 ?
Il est incontestable que ce décret est un bon point acquis, par les responsables de notre profession, en ce qui concerne la reconnaissance de nos compétences dans le domaine articulaire et musculaire.
Comment, selon vous, peut-on sinon moraliser la profession du moins limiter les abus ?
C'est très difficile : chez les médecins, chez les kinésithérapeutes, dans tous les métiers il y a des gens sincères qui travaillent bien, et des charlatans. Dans ce métier d'ostéopathe, peut-être un peu plus.
Mais, je dois reconnaître que les écoles actuelles jouent un rôle de barrage, encore insuffisant certes, mais réel : les règles qu'elles se sont forgées permettent d'éliminer un certain nombre de gens qui ne viennent chercher que des recettes. Par exemple, chez moi, je n'admets que des médecins ou des kinès.
En revanche, je m'élève avec la plus grande véhémence contre la création d'écoles ouvertes aux simples bacheliers et promettant un diplôme au bout de cinq ans d'études : leur système de "décomptage" horaire est très fallacieux, et, en fait il ne s'agit que d'affaires commerciales.
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D'ailleurs, on peut avoir l'exemple de deux d'entre-elles, qui s'exposent carrément dans les foires. À Marjolaine en ce moment, et à Marseille, il y a peu de temps, avec de grandes pancartes : "vous ne savez que faire de votre enfant, confiez-le nous et en cinq ans il sera ostéopathe".
Vous publiez un livre titré "les secrets du sacrum" : quel objectif poursuit-il ?
D'abord je l'ai écrit en hommage à certains grand auteurs qui se sont passionnés sur ce sujet.
Ensuite pour rectifier certaines interprétations concernant le sacrum. Je pense qu'on a fait dire n'importe quoi au sacrum alors, qu'en réalité, il n'y a rien de plus simple. J'ai trouvé certaines méthodes, faciles, qui parviennent non seulement à mieux comprendre les mouvements du sacrum mais aussi ceux imposés à ses voisins les iliaques. Ce qu'on appelle les pseudo-torsions du bassin, et aussi surtout à propos des fameux trois points O. J'y ai ajouté des facilités et de diagnostic et de correction.
Vous employez le mot diagnostic...
Oui. Étant entendu que pour moi cela signifie une écoute de nos mains. Avec nos mains, nous sentons ce que nous dit le corps, et, en particulier le bassin.
Propos recueillis par
CM
(Un article de KA Actualité du
13 novembre 1985.)

* Sortie le 15 novembre aux
Éditions SPEK
* À paraître début décembre :
"l'Odyssée de l'iliaque"
par Nicette Sergueef
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